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Histoire du Maroc : les dynasties Berbères, Chérifennes et l'europe
 
 
 
 
 

Les dynasties berbères

Les Almoravides (de l’arabe al-Murabitun ; le murabit est celui qui pratique la défense de l’islam par les armes et mène une vie pieuse, les ribat sont des couvents fortifiés installés sur la ligne de front entre l’islam et les non-musulmans), guerriers rigoristes de l’islam, dont le mouvement est né dans le sud de la Mauritanie actuelle parmi les nomades Sanhadja, vont dominer la région à partir de 1062, date à laquelle ils fondent Marrakech, au carrefour des routes commerciales entre le monde arabe et le Sahara. Leur expansion se fait à la fois en direction de l’Espagne musulmane, où ils ont été appelés par une des factions musulmanes au pouvoir, et de l’Afrique noire. En 1086, ils battent, à Zellaca, le roi Alphonse IV. Au sud, ils emportent, en 1077, une victoire décisive sur l’empire du Ghana, prenant ainsi le contrôle du commerce de l’or.

Les tombeaux saadiensTombeaux Saadiens

Au début du XIIe siècle, l’empire almoravide comprend l’Espagne musulmane, le Maghreb occidental et central ainsi que le Sahara. Mais un nouveau mouvement réformateur, lancé par Ibn Tumart dans la première moitié du XIIe siècle, se dresse contre eux. Ce dernier lutte contre toute déviation et prêche l’unicité de Dieu. La venue au pouvoir de ses disciples, les Almohades (de l’arabe al-muwahhidun, les Unitaires) en 1147, marque le triomphe des Berbères sédentaires de l’Anti-Atlas sous l’égide d’Abd al-Moumin (1130-1163). À l’apogée de leur puissance, les Almohades exercent leur autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, ainsi que sur une partie du Portugal et de l’Espagne. Le Maghreb musulman en profite pour se libérer également de la tutelle de l’Orient.

 

En 1212, la bataille de Las Navas de Tolosa, sur le sol espagnol, au cours de laquelle les armées chrétiennes vainquent les troupes musulmanes, marque le début du déclin des Almohades et de l’Espagne musulmane. Les Beni Merin, des Berbères arabisés qui ont été poussés vers le sud du Maroc par les invasions arabes, en profitent pour se soulever. En 1269, les Mérinides parviennent à s’imposer sur le trône ; ils fixent leur capitale à Fès, qu’ils font doubler par une nouvelle cité, Fès el-Djedid (Fès-la-Neuve). (Infos Encarta)

Les Dynasties cherifiennes

La progression des Européens provoque le sursaut des Beni Saad (ou Saadiens). Se réclamant de la lignée du Prophète, ces chérifs, ou chorfas (titre donné par les musulmans aux descendants de Mahomet par Ali et Fatima), sont établis au sud, dans la vallée du Sous, autour de Taroudant. Ils mènent la guerre sainte (voir Djihad) contre les Portugais, qu’ils chassent d’Agadir en 1541, puis de Safi. Ils s’attaquent ensuite aux successeurs des Mérinides, les Wattassides. En 1549, ils s’emparent de Fès. Les Wattassides demandent l’aide des Turcs présents en Algérie, mais les Saadiens se rendent maîtres du pays en 1554

Prudents, les sultans saadiens adoptent une politique d’équilibre entre les Turcs ottomans et les Occidentaux. En 1591, les Saadiens, souhaitant obtenir les mines de sel du Sahara et l’or du Soudan, lancent une expédition à travers le désert contre l’Empire songhaï, établi dans la vallée du Niger. Le sultan Ahmad al-Mansur n’en retire pas l’argent espéré, mais, par la suite, les nationalistes marocains vont s’appuyer sur cette conquête pour revendiquer toute la région comprise entre le Maroc et les rives septentrionales du Niger (Nord-Mali) et du Sénégal (Mauritanie). Le pays bénéficie de l’immigration de près d’un million de morisques (voir Maures) et de juifs expulsés d’Espagne après 1492. Le Maroc saadien est unifié et relativement prospère ; l’architecture et les arts marocains connaissent un essor notable à cette époque.

Medersa Ben Youssef a Marrakech

 Peu après l’arrivée des premiers Saadiens d’Arabie, des immigrants se réclamant de la descendance d’Hassan, l’un des deux fils d’Ali, se sont installés dans le Tafilalet, aux portes du désert. Utilisant le prestige que leur accorde cette ascendance alaouite, ils s’appuient sur le désir d’indépendance des habitants de la région pour se poser en prétendants au trône. En 1664, Moulay Rachid fonde la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc.

La dynastie connaît son apogée sous Moulay Ismaïl (1672-1727), le bâtisseur de Meknès. Il s’engage dans la reconquête du pays sur les chrétiens (Espagnols et Portugais occupant des ports) et mène la lutte contre les Ottomans. Son règne est suivi d’une longue période de rivalités familiales, ponctuées de brefs interludes de paix et de prospérité relatives.