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Ville de Londres : démographie et expansion |
Ville de Londres Avec le sixième de la population nationale, Londres n'est pas seulement la capitale du Royaume-Uni, elle est aussi la première ville d'Europe, et l'une des plus puissantes agglomérations du monde.
Avec le sixième de la population nationale, Londres n'est pas seulement la capitale du Royaume-Uni, elle est aussi la première ville d'Europe, et l'une des plus puissantes agglomérations du monde. Trois faits exceptionnels caractérisent la situation de Londres : une large ouverture maritime, grâce à l'existence de l'estuaire de la Tamise remonté à l'origine par la marée, précisément jusqu'à l'emplacement du Pont et de la Tour dont la sombre silhouette se découpe encore au sud de la City (actuellement, par suite sans doute d'un léger affaissement des terres, la marée remonte plus loin en amont) ; une remarquable implantation, en face de la côte la plus active du continent européen, vis-à-vis du débouché du grand axe rhénan, à l'orée de la mer la plus fréquentée du globe ; une étonnante position, au cœur même du bassin de Londres, utilisant une gouttière synclinale où se glisse la Tamise et vers laquelle convergent les pentes des bombements voisins, de la côte crétacée au nord, du revers septentrional du Weald au sud. Ainsi, tout semble confluer vers ce foyer prédestiné et, dès 1604, Thomas Miles a transcrit dans un texte célèbre l'étonnement émerveillé et un peu inquiet des contemporains : « Tous nos ruisseaux vont à une seule rivière, toutes nos rivières courent à un seul port, tous nos ports touchent à une seule ville, toutes nos villes ne font qu'une cité, et toutes nos cités et faubourgs qu'une seule vaste Babel de construction encombrante et désordonnée, que le monde nomme Londres. » Le berceau de cette cité exceptionnelle, c'est, à l'extrémité de la navigation maritime, utilisant le passage à gué de la Tamise, la terrasse de gravier bien égoutté qui domine la rive nord. Ici fut fondée Londres qui, comme son homologue parisienne, commença à se développer dès les premiers temps de l'occupation romaine. Expansion de Londres Il est encore plus difficile de parler de Londres que de Paris. Le nom de ces capitales recouvre à la fois une ville au territoire bien défini dans le cas de la seconde, aux limites incertaines dans le cas londonien, et des prolongements qu'on ne sait pas très bien où arrêter. Actuellement, on tend à distinguer le comté et le Grand Londres. Le comté de Londres est considéré comme le centre même de la région ; il s'étend sur 304 kilomètres carrés et fut délimité en 1865. À l'époque, il ne coïncidait pas du tout avec la surface bâtie, mais recouvrait une aire administrative qui, en 1871, devint une unité d'administration locale et, en 1888, reçut le nom de London County Council (L.C.C.). Tout autour, le Greater London (Grand Londres) correspond théoriquement au Metropolitan Police District (M.P.D.), mais celui-ci ne recouvre pas davantage une réalité spatiale et économique. Tel qu'il est constitué, le M.P.D. déborde largement sur le Middlesex, le Surrey, l'Essex, le Kent. Mais déjà l'agglomération s'étend plus loin, tandis que, à l'intérieur même de cette division administrative en apparence unique, restent multipliées les autorités de tutelle indépendantes : les parties de l'agglomération située entre les limites du L.C.C. et du M.P.D. sont gouvernées par soixante-six autorités. En 1965, une commission administrative donna une définition du Greater London qui englobait les espaces urbanisés allant de Hillingdon à l'ouest à Hawering à l'est et de Enfield au nord à Croydon au sud, c'est-à-dire des espaces bâtis entourés par une green belt (ceinture verte) ; celle-ci coupe l'agglomération de Londres proprement dite du prolongement extérieur de l'Outer Metropolitan Area.
Depuis le début du XXe siècle, les différentes parties de l'agglomération évoluent de manière disparate. Le dépeuplement du centre, qui avait commencé au XIXe siècle, a gagné peu à peu ce que l'on nomme la City ; celle-ci comptait 128 269 personnes en 1801, 10 999 en 1931 et 4 400 en 1988. Tout autour, et successivement, l'agglomération restreinte et la première couronne suburbaine ont été gagnées par le dépeuplement. Au contraire, l'auréole périphérique est en pleine expansion : la population a doublé pendant la première moitié du XIXe siècle, et elle atteignait 1 million vers 1880 ; elle est passée à 2 millions en 1901 et à plus de 5 millions actuellement. Au total, le recensement de 1981 donne, pour la population du Greater London (définition de 1965), 6 696 000 habitants, soit une baisse de 15% par rapport à 1969. Au-delà, dans l'Outer Metropolitan Area, la population s'accroît rapidement, soutenue par la présence des huit villes nouvelles régionales. Plus de la moitié de la croissance est due au redéploiement périphérique de la population londonienne. On peut avancer le chiffre de plus de 10 millions de personnes. Suite... |